La teneur en polluants du saumon pointée du doigt par 60 millions de consommateurs

«  Tout n’est pas rose au pays du saumon  », et particulièrement dans le bio, pointe une étude de «  60 millions de consommateurs  ».

«  Tout n’est pas rose au pays du saumon  ». Trois ans après la crise provoquée en 2013 par un reportage télévisé très critique sur les conditions d’élevage du poisson, «  60 millions de consommateurs  » a analysé en laboratoire la teneur en polluants des pavés de saumon frais et de saumon fumé issus des filières conventionnelle et bio.

Au total, dix pavés de saumon et quinze saumons fumés ont été analysés pour l’étude. Ils sont originaires d’Écosse, d’Irlande ou de Norvège, conventionnels ou bio, certifiés Label Rouge ou filière responsable. Leur matière grasse, le profil des acides gras, leur contamination en métaux et en pesticides ont été passés au crible.

Les conclusions confirment la tendance selon laquelle un poisson gras est plus susceptible de contenir des substances toxiques : les spécialités bio de saumon vendues aux rayons frais présentent une contamination plus forte que les saumons conventionnels et dans des proportions plus importantes que lors des tests menés en 2014.

L’alimentation des poissons en cause

Le saumon frais issu de filières conventionnelles de Norvège ou d’Irlande est moins contaminé qu’avant. «  Ça s’est nettement amélioré par rapport à il y a quelques années  », indique Patricia Chairopolous, journaliste auteur de l’enquête, jointe par l’AFP. Ces poissons «  s’en sortent bien, on n’a pas relevé de métaux, de PCB, de pesticides, aucun résidus de médicaments vétérinaires  », ajoute-t-elle.

En revanche, «  sur les dix pavés frais qu’on a analysés, les plus mal classés en termes de pollution sont les pavés bio  », poursuit Patricia Chairopoulos. Sur dix saumons frais vendus en France et testés par le magazine, seuls les quatre saumons bio présentent des traces de contamination de métaux et/ou dioxines, PCB et pesticides. Néanmoins, aucun des poissons testés ne présentait de teneur de ces polluants qui «  excédait les limites maximales réglementaires  », et tous étaient donc sans danger pour la santé.

Selon l’association, l’environnement a un effet minime sur la contamination des poissons. Celle-ci est provoquée par les farines et les huiles utilisées dans leur alimentation. Dans les deux cas, les saumons sont alimentés majoritairement avec des rations végétales, mais aussi une part de farine de poisson, plus importante en bio. La part végétale des saumons bio est «  sans aucun doute biologique, la partie animale, comme c’est du poisson sauvage, ça ne se contrôle pas  », souligne Patricia Chairopoulos.