Prélèvement à la source : les DRH craignent la réaction des salariés

L’Association nationale des directeurs de ressources humaines s’inquiète de la réaction des salariés en voyant leur salaire diminuer sur la fiche de paye une fois la réforme appliquée.

Seulement « une ligne de plus sur la fiche de salaire » qui devrait faciliter la vie des Français assurait au printemps dernier le ministre des Finances Michel Sapin. Le prélèvement à la source, qui entrera en vigueur au 1er janvier 2018, prévoit que l’impôt soit collecté au moment du versement du salaire, sur la base d’un taux transmis par le fisc.

Comment vont réagir les salariés les première fois en voyant leur salaire mensuel diminuer ? « Le salarié qui touchait avant 2.200 euros, va toucher 2.000 euros. Qu’est-ce qu’il va faire dans les PME ? Il va aller voir son patron en disant ‘pourquoi je touche 200 euros de moins?' », prédisait mercredi soir 7 septembre le vice-président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux sur Europe 1. C’est en effet ce que craignent les directeurs des ressources humaines affirme l’Association nationale des directeurs de ressources humaines (ANDRH).

Les DRH en première ligne

Inévitablement, les DRH seront en première ligne et le sujet est pour eux source « d’inquiétude », a souligné Benoît Serre, vice-président de l’association, lors d’un point presse de rentrée ce jeudi 8 septembre. L’impôt étant en France un sujet « extrêmement sensible », ils redoutent « l’impact que va avoir cette réforme sur les relations entre l’entreprise et les salariés ».

« Le fait que les salariés vont voir leur salaire net perçu baisser, même si le salaire réel ne change pas, va avoir des conséquences relationnelles et managériales », et « ajouter des éléments de tension », estime M. Serre. Les salariés « vont se tourner d’abord vers le DRH pour comprendre les nouvelles règles fiscales » et « l’instabilité de leur salaire net ». Cette réforme va, selon lui, également « poser une petite difficulté » lors des négociations annuelles sur les salaires. Il a regretté un « transfert de la charge » de la mise en œuvre de cette réforme sur les entreprises, estimant par ailleurs que les « adaptations » allaient « coûter cher » aux entreprises, tant en terme de « coûts informatiques » que de « formation des collaborateurs ».