Vers une baisse des effectifs dans 44% des collectivités locales

La baisse de l’enveloppe de dotation globale de fonctionnement (DGF) va affecter la gestion des ressources humaines et des recrutements des collectivités locales.

Tout en pointant une meilleure situation financière, la Cour des comptes estimait la semaine dernière que l’effort des collectivités locales pour ralentir leurs dépenses devaient se poursuivre, avec notamment une meilleure maîtrise des effectifs. Ces dernières n’ont visiblement pas attendu les recommandations des Sages.

Alors que l’emploi dans la fonction publique territoriale, forte de 1,878 million d’agents fin 2014, avait progressé à cette date de 0,8% par rapport à 2013 (Insee), en 2016 et pour la deuxième année consécutive, les collectivités sont 44% à prévoir de réduire leurs effectifs (contre 26% en 2015) et seulement 13% de les augmenter face à la baisse des dotations de l’État, selon une étude * réalisée entre avril et juin 2016 par Randstad et publiée ce lundi 17 octobre. Près de deux tiers d’entre elles (62%) optent pour le non-remplacement des départs à la retraite, devant le non-renouvellement des contrats de certains contractuels (22%) et le transfert de personnels dans le cadre d’une mutualisation (8%).

« Un recul de leurs effectifs n’avait été aussi importante »

Depuis la publication de son premier baromètre en 2012, « jamais la proportion de collectivités anticipant un recul de leurs effectifs n’avait été aussi importante », soulignent les auteurs. Ainsi, 90% des communes interrogées estiment que la baisse cumulée de l’enveloppe de dotation globale de fonctionnement (DGF), qui doit atteindre 28 milliards d’euros d’ici 2017, va affecter leur gestion des ressources humaines et des recrutements, et ce, malgré l’amélioration de leur situation financière soulignée par la cour des comptes dans un récent rapport.

Un climat morose

Elles sont 60% à avoir déjà réduit leurs charges de fonctionnement en 2016 tandis que 30% prévoient de le faire d’ici la fin de l’année, selon l’étude. 55% des collectivités jugent pourtant très peu probable d’avoir recours à une hausse de la fiscalité, contre 40% qui y ont déjà recours ou envisagent de le faire d’ici fin 2016.

La maîtrise de la masse salariale constitue la priorité de 89% des collectivités, loin devant la mutualisation des services, et malgré le dégel du point d’indice (+ 1,2% en deux fois) qui sert à calculer la rémunération des fonctionnaires, souligne l’étude. Le salaire net moyen dans la fonction publique territoriale n’a augmenté que de 0,8% en euros constants en 2014 par rapport à 2013 pour s’établir à 1.877 euros par mois, selon les derniers chiffres disponibles.

Autre résultat significatif : 52% des communes constatent une dégradation de leur climat social, en forte hausse sur un an (+ 9 points). Cette « morosité », souligne l’étude, est particulièrement importante au sein des grandes communes (plus de 50.000 habitants) où elle atteint 62%, soit une hausse de 23 points sur un an. Les petites communes (moins de 5.000 habitants) sont 43% à juger de même (+ 5 points sur un an). Les communes moyennes (5.000 à 15.000 habitants) sont en revanche moins nombreuses à constater une dégradation du climat social (47% contre 58%), selon l’étude. Les réformes territoriales et l’incertitude qu’elles génèrent expliquent en partie ces résultats, selon l’étude.